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Médecine intégrative : pourquoi la naturopathie et la médecine conventionnelle doivent travailler ensemble — Tribune au Biopôle (2022)

En 2022, Julien Henzelin publie sur le site du Biopôle d'Épalinges une tribune sur la complémentarité entre médecine conventionnelle et naturopathie, plaidant pour une intégration complète dans le système de santé suisse.

Écrit par Julien Henzelin
Mis à jour cette semaine

En septembre 2022, le Biopôle d'Épalinges — l'un des principaux campus suisses des sciences de la vie — publie une tribune de Julien Henzelin sur l'évolution de la médecine complémentaire et son intégration nécessaire avec la médecine conventionnelle. Un texte programmatique qui pose les fondations du positionnement institutionnel du Centre André Henzelin.

Un constat chiffré : la médecine complémentaire n'est plus marginale

La tribune s'ouvre sur des données qui situent l'ampleur du phénomène. À l'échelle mondiale, environ 100 000 naturopathes en exercice accompagnent 5,5 millions de patients par mois. En Suisse, plus de 30 % de la population recourt régulièrement aux médecines complémentaires, et plus de 50 % y fait appel occasionnellement.

Julien Henzelin relie cette popularité à deux facteurs convergents : l'explosion des maladies chroniques liées au mode de vie (maladies cardiovasculaires, diabète, obésité) qui appellent une prise en charge plus globale, et l'évolution des attentes des patients, qui recherchent un accompagnement plus à l'écoute, plus ancré dans le quotidien et davantage connecté à la nature.


La naturopathie : un système médical global

Le texte définit la naturopathie comme un système médical global, étroitement lié à la nature, qui considère la santé dans toutes ses dimensions — physique, psycho-émotionnelle, mentale, spirituelle, sociale et environnementale — afin de mieux comprendre les causes de la maladie.

En pratique, cela signifie que le naturopathe consacre du temps à l'écoute du patient pour replacer ses troubles dans un contexte plus large. L'article souligne que les pressions sur les systèmes de santé ne permettent souvent pas cette écoute en médecine conventionnelle — et que l'approche holistique de la naturopathie bénéficie aussi au système de santé lui-même : des patients qui adoptent une meilleure hygiène de vie sollicitent moins la médecine conventionnelle pour des soins complexes à long terme.


Le cadre suisse : un modèle de régulation

La tribune met en lumière un acquis institutionnel majeur : la création en 2015 du diplôme fédéral de naturopathie, qui garantit un niveau de qualité unifié. Ce cadre impose notamment 716 heures de formation en médecine conventionnelle pour les naturopathes et a contribué à faire évoluer la naturopathie d'une profession du bien-être vers une profession de santé à part entière.

L'article note que de plus en plus de facultés de médecine incluent une introduction aux médecines complémentaires dans leurs programmes — une tendance à laquelle le cAH contribue directement via son partenariat d'enseignement avec la Faculté de médecine de l'Université de Lausanne (UNIL).


L'enjeu de la recherche : ne pas se laisser absorber

L'un des passages les plus incisifs de la tribune aborde le risque d'absorption. Julien Henzelin prend l'exemple du microbiome : la naturopathie défend depuis longtemps l'importance de l'intestin et de la nutrition dans la santé globale, y compris mentale. Mais lorsque la recherche biomédicale valide ces intuitions, les résultats sont intégrés à la médecine conventionnelle — et la contribution originelle de la naturopathie est oubliée. Les patients perdent alors l'accès à l'expertise complémentaire des deux professions.

C'est pourquoi le cAH investit dans sa propre capacité de recherche à travers le Navi — Institut de recherche en santé intégrative —, afin de produire des données scientifiques depuis l'intérieur du champ et de documenter la valeur ajoutée spécifique de l'approche naturopathique.


Innovation au Biopôle : la pollinisation croisée

La tribune raconte un épisode révélateur : à l'arrivée du cAH au Biopôle, un voisin travaillait sur une solution vaccinale — ce qui avait suscité des réticences chez certains étudiants. Julien Henzelin y voit au contraire la raison d'être de l'implantation au Biopôle : la proximité avec d'autres disciplines crée les conditions d'une innovation par pollinisation croisée.

L'article mentionne des discussions en cours avec une entreprise du campus spécialisée en épigénétique — un domaine étroitement lié au mode de vie — pour intégrer ses avancées dans la prise en charge des patients. C'est cette logique d'ouverture et de collaboration interdisciplinaire qui distingue le positionnement du cAH dans le paysage de la formation en naturopathie.


La vision : des naturopathes aux côtés des médecins

La tribune se conclut sur une vision claire : l'intégration complète de la naturopathie dans le système de santé, avec des naturopathes travaillant aux côtés des médecins au sein des mêmes équipes. Cette vision dépasse le simple dialogue entre disciplines : elle implique une collaboration structurelle, au bénéfice du patient.

Quatre ans après cette tribune, cette ambition se traduit concrètement : publications dans des revues internationales à comité de lecture (JIM, BMC), partenariat d'enseignement avec des institutions comme La Source pour les Toque & Doc, démarche de reconnaissance fédérale, et présence médiatique dans les grands médias suisses. Le programme esquissé en 2022 au Biopôle est en cours de réalisation.


Source : « Medicine: the integrated complementary approach », Biopôle Community Stories, 9 septembre 2022. Tribune de Julien Henzelin.

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