Les émissions de gaz à effet de serre issues des activités de financement et d'investissement des six principales banques françaises représentent près de 8 fois les émissions de la France entière, souligne un rapport rendu fin octobre 2020 par l'organisation non gouvernementale Oxfam, et intitulé Banques : des engagements climat à prendre au 4ème degré.

« Nous polluons davantage via ce que finance notre argent à la banque que via notre propre consommation. En d’autres termes, l’argent de nos comptes en banque représente notre premier poste d’émissions d'éqCO2 », explique l'auteur du rapport, Alexandre Poidatz.

Pour le seul secteur du charbon, le plus émetteur de CO2, l'arrêt total des investissements dans les entreprises ayant de tels actifs en Chine ou aux États-Unis n'est prévu qu'en 2040, un horizon bien trop lointain pour espérer contenir le réchauffement climatique.

La température des portefeuilles d'investissement est pourtant brûlante : un assureur français de premier plan a reconnu qu'elle était de plus de 3 °C en 2019, là où le seuil des 1,5 °C ne devrait pas être dépassé, comme en témoigne cet article du Monde.

La trajectoire est d'autant plus vertigineuse pour les six principales banques françaises : si elles maintenaient leur politique de financement et d'investissement, « cela conduirait à un réchauffement de plus de 4 °C d’ici à 2100 », toujours selon le rapport d'Oxfam.

C'est tout l'enjeu de notre nouveau modèle bancaire : mettre l'intégralité de nos financements au service de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et ne pas allouer le moindre euro aux secteurs représentant un risque pour l'environnement tels que le pétrole et le gaz de schiste.

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