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Quand Le Temps parle fitness personnalisé, le cAH repositionne le débat sur les médecines traditionnelles (2026)

Un article du quotidien Le Temps consacré à la personnalisation des programmes de fitness cite le Centre André Henzelin et le Navi pour rappeler que ces approches trouvent leur origine dans les grandes médecines traditionnelles.

Écrit par Julien Henzelin
Mis à jour cette semaine

En avril 2026, le quotidien Le Temps consacre un article de fond à la montée des programmes de fitness personnalisés — entraînement synchronisé aux cycles hormonaux, au chronotype et à l'âge biologique. Deux voix du Centre André Henzelin y apportent un éclairage structurant : ces approches ne sont pas nouvelles. Elles sont au fondement même des médecines traditionnelles que nous enseignons.

De quoi parle cet article du Temps ?

Les salles de fitness haut de gamme — dont le groupe britannique David Lloyd, présent en Suisse — intègrent désormais des programmes adaptés au profil biologique individuel de leurs clients : bilans sanguins et hormonaux, prise en compte du chronotype, adaptation de l'effort aux fluctuations du cycle menstruel ou du cortisol. L'article du Temps explore cette tendance, interroge sa solidité scientifique et recueille les avis de plusieurs experts.


Que dit le Centre André Henzelin ?

Julien Henzelin, directeur du cAH, est cité comme expert central de l'article. Son propos repositionne le débat : ce que l'industrie du fitness présente comme une innovation est en réalité un retour à des principes fondateurs des grandes médecines traditionnelles.

Le Prakriti en ayurvéda. La constitution individuelle (Prakriti) détermine, en médecine ayurvédique, quel type d'activité convient à une personne selon les saisons et les heures de la journée. Il s'agit d'une forme de personnalisation de l'entraînement qui précède de plusieurs millénaires le vocabulaire contemporain du fitness.

La chronobiologie en médecine chinoise. Chaque méridien est associé à une plage horaire d'activité maximale. Ce principe conditionne le moment optimal pour traiter, nourrir ou solliciter un système organique donné — bien au-delà de la simple notion de « chronotype » utilisée par les clubs de sport.

Julien Henzelin accueille la démocratisation de ces approches d'un bon œil, tout en appelant à la nuance : le branding précède parfois la recherche clinique, et les clubs ont tendance à s'emparer de ces concepts comme différenciateur commercial plutôt que comme protocole validé.


L'éclairage de Nora Eberli sur le volet hormonal

Nora Eberli, chercheuse et naturopathe, apporte dans le même article une mise en perspective essentielle sur l'argument hormonal. Définir un profil hormonal sérieux nécessite une anamnèse complète — un dosage ponctuel ne suffit pas à comprendre un équilibre endocrinien complexe.

Elle reconnaît l'intérêt d'une meilleure connaissance de ces mécanismes pour adapter l'effort ou prévenir les fringales, mais souligne que généraliser ces principes à des programmes standardisés reste délicat. C'est précisément la tension que nos formations en MTE enseignent à naviguer : individualiser sans simplifier.


Pourquoi c'est important pour notre domaine

Cet article illustre un mouvement de fond : les principes issus des médecines traditionnelles — personnalisation, prise en compte des rythmes biologiques, approche holistique de la santé — irriguent désormais l'ensemble du secteur du bien-être et du sport. Le fitness les adopte sous de nouveaux noms (bio-synchronisation, entraînement hormonal), mais leur matrice intellectuelle est ancienne et profonde.

Pour le Centre André Henzelin, ce type de couverture médiatique confirme la pertinence du positionnement de nos formations. Ce que nous enseignons en naturopathie MTE, en médecine chinoise ou en ayurvéda n'est pas un savoir parallèle ou alternatif : c'est un corpus structuré dont les principes fondamentaux sont aujourd'hui repris — parfois sans le savoir — par l'industrie mainstream de la santé et du fitness.

C'est aussi un rappel de l'importance de la rigueur. Comme le soulignent les autres experts interrogés dans l'article — le préparateur physique Philippe Clément, le Dr Bertrand Curty (FMH médecine du sport) — l'accompagnement professionnel et la coordination interdisciplinaire restent indispensables. C'est exactement ce que nos programmes de formation visent à produire : des praticiens capables de contextualiser, d'individualiser et de collaborer.


Recherche au cAH : le lien avec nos travaux

La thématique de cet article croise directement plusieurs axes de recherche du Navi — Institut de recherche en santé intégrative :

Chrononutrition et MTE. L'étude publiée dans le Journal of Integrative Medicine (Eberli, Colas, Gimalac) explore précisément l'intersection entre rythmes biologiques, nutrition et médecine traditionnelle européenne — le socle scientifique de ce que le fitness redécouvre sous le terme de « bio-synchronisation ».

Tempéraments hippocratiques. L'étude Delphi publiée dans BMC Complementary Medicine and Therapies travaille sur la caractérisation des constitutions individuelles en MTE — l'équivalent européen du Prakriti ayurvédique mentionné dans l'article du Temps.

Ces travaux montrent que la personnalisation n'est pas qu'un argument marketing : elle repose sur des cadres théoriques anciens, aujourd'hui soumis à la validation scientifique contemporaine.


Source : « Adapter son entraînement sportif à son horloge biologique : révolution du fitness ou promesse marketing ? », Le Temps, avril 2026.

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